Par ailleurs, la série de films «Lieux et monuments» a progressé avec deux nouveaux épisodes, «Place Carnot-Lyon» qui a été présenté au Festival du nouveau cinéma et «Rivière au tonnerre» qui a été présenté aux Sommets du cinéma d’animation à Québec et à Montréal et je viens tout juste de commencer à travailler sur Senso ji-Tokyo. Ça fera quatre épisodes. Je crois que lorsque j’aurai atteint le seuil de cinq opus dans cette série, l’effet cumulatif devrait commencer à se faire sentir plus nettement. Quoique déjà maintenant, si j’enchaîne tous les films qui ont les lieux comme argument (Le métro, La Statue de Giordano Bruno, Herqueville, Praha-Florenc, Place Carnot-Lyon et Rivière au tonnerre), cela fait un bon programme de projection – environ 75 minutes – très cohérent.

Quant aux choses qui s’annoncent, il y a le projet «Tropismes». Pour l’instant, il ne s’agit que d’une série de dessins (à ce jour il y en a 86) faits en hommage à Nathalie Sarraute dont j’ai lu avec enthousiasme l’œuvre complète entre février et septembre de cette année. Ces dessins sont visibles sur mon site ou sur mon profil Facebook. Mais je me suis déjà engagé à en faire une performance qui pourrait être présentée durant le festival Suoni del popolo en juin et à Guimaraes, au Portugal, en juin également.

L’événement inattendu a été que j’aie accepté d’être élu au conseil d’administration de Vidéographe et que par la suite je me sois retrouvé président du dit conseil. Jusqu’à ce point, mon lien avec Vidéographe consistait dans le fait que le centre était le distributeur de l’ensemble de mes films indépendants depuis mon départ de l’ONF. Les choses ont changé au cours de la dernière année qui a été pleine de soubresauts qui ont fragilisé l’organisme. Je ne vais pas entrer ici dans les détails, mais la conséquence a été que depuis la fin aout, cette implication dans Vidéographe a été mon occupation principale. Heureusement, les choses commencent à se tasser. La chose que je trouve important de souligner ici, c’est la situation assez ironique dans laquelle je me trouve, c’est-à-dire que, moi, cinéaste issu d’un lieu totalement imbriqué dans l’histoire du cinéma (l’ONF) je me retrouve président d’un centre d’artiste dont toute l’histoire est circonscrite par «la vidéo» dans toutes ses déclinaisons qui ont eu comme dénominateur commun le fait «d’être contre le cinéma». Cela nonobstant le fait que l’ONF fut jusqu’à un certain point à l’origine de Vidéographe. Je trouve cela très intéressant et particulièrement symptomatique du nouveau régime de l’image dans lequel nous sommes engagés depuis la généralisation du numérique. J’ai écrit un texte précisément à ce sujet qui a été publié en octobre sur Vithèque, la plateforme de distribution en ligne de Vidéographe. Je conclue cette note avec un lien vers ce texte : Du cinéma à la vidéo...